En savoir plus en matière de justice civile
« La justice civilise les passions. La relation d’aide humanise la justice »[1].
Lorsqu’une personne vit une difficulté, elle choisit consciemment ou inconsciemment de porter son attention sur un système pour le résoudre. Ce « choix » émerge d’un nombre important de facteurs. Par exemple, une personne qui vit une situation problématique dans le monde du travail peut choisir d’aller vers diverses ressources : un.e psychologue; un programme d’aide aux employés (PAE); leur gestionnaire; la direction des plaintes pour harcèlement psychologique; son syndicat ou encore la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.
Dans l’exercice de ce « choix », elle peut prendre ses propres décisions, se faire conseiller par des personnes de son milieu personnel ou de travail ou encore se faire référer par les professionnel.le.s qu’elle consulte. L’attention qu’elle porte sur son problème ou l’angle qu’elle « choisit » d’explorer détermine la démarche qu’elle prendra. La même personne peut ne pas éprouver un malaise, mais se faire imposer de prendre des démarches pour répondre aux inconforts exprimés par les autres et se défendre dans le cadre des moyens que ces derniers entreprennent.
Dans une perspective issue du constructivisme épistémologique, la narration subjective du problème et les causes qu’une personne y attribue déterminent le système vers lequel elle se dirigera pour le résoudre. Ainsi, lorsqu’une personne pose le problème en termes de droits, elle se dirige vers le système juridique. Par contre, si une personne attribue son problème à une difficulté d’attachement, elle sera plus susceptible de consulter un.e intervenant.e du système psychosocial. La définition et les causes attribuées au problème déterminent l’orientation d’une personne vers le système le plus susceptible de l’aider à le résoudre. Toutefois, il arrive que des personnes empruntent la voie d’un système faute de pouvoir, consciemment ou inconsciemment ou encore matériellement, faire appel à un système plus susceptible de répondre à son besoin. Ainsi, un manque de moyen financier peut fermer la porte à un système. De même, une difficulté à confronter ses propres démons peut amener une personne à faire appel à un système pour se justifier, se défendre, fuir ou attaquer.
Le cheminement dans un système est rarement linéaire en ce qu’il est souvent issu de ou parallèle à plusieurs démarches dans d'autres systèmes. Souvent, ces démarches provoquent des allers et des retours vers des ressources appartenant à des systèmes distincts ou encore à l’intérieur d’un seul système.
Les cartes de la mappemonde sont multidimensionnelles dans la mesure où une personne peut aller vers plusieurs systèmes simultanément ou de manière séquentielle. Chaque système possède son potentiel et ses limites. Or, face à des problèmes complexes, il faut parfois faire appel à des ressources issues de plusieurs systèmes qui peuvent ou non interagir. La spécialité et l’interdisciplinarité sont aussi importantes l’une que l’autre. Toutefois, la tradition de la collaboration entre des disciplines qui s’intéressent à la résolution de conflits n’est pas toujours acquise et reste à construire.
La mappemonde milite en faveur d’une telle interdisciplinarité en mettant en commun les complémentarités et les interactions nécessaires à la résolution de conflits simples ou complexes. Par exemple, la médiation familiale globale exercée au Québec met en commun les compétences et les savoirs juridiques et psychosociaux. De même, le recours à des congés de maladie liés à des situations de conflits organisationnels exige souvent des interactions entre le domaine des ressources humaines, de la gestion, de la médecine, de la médiation et du droit. En somme, les frontières entre les systèmes demeurent poreuses. Les problèmes humains peuvent faire appel à un système particulier, mais ils ne se délestent jamais complètement des caractéristiques (finalités, discours) des autres systèmes. Une personne qui subit un adultère peut, par exemple, consulter un.e thérapeute. Ses droits et ses moyens économiques, ainsi que ceux de sa ou son conjoint.e, pourraient entrer en ligne de compte, si elle décidait de se séparer.
[1] Source inconnue.