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Bien-être: Finalité de l'intervention dans le système de la relation d'aide

Favoriser le bien-être[1] physique, psychologique ou social est l’objectif poursuivi par les interventions en relation d’aide auprès des personnes aux prises avec un conflit. Le bien-être est un idéal, une quête, une finalité, un espoir. Dans la relation d’aide, la finalité ne consiste pas nécessairement à résoudre le malaise, mais plutôt à mieux le comprendre, à l’apprivoiser et à apprendre à composer avec une condition, une situation ou une relation. 

Le bien-être, finalité attribuée à l’intervention du système de relation d’aide dans la nomenclature des MISC, est une notion difficile à circonscrire à cause de ses dimensions éminemment subjectives. Le malaise réfère, en effet, à un inconfort, à une souffrance interne ressentie dans le corps comme dans la psyché d’une personne et qui n’est pas toujours extériorisé. Bien que le malaise puisse se vivre dans un contexte financier et matériel parfois difficile, le système de la relation d’aide se concentre plutôt à la recherche d’un bien-être psychologique, relationnel, social ou physique. 

La démarche vers le bien-être consiste à prendre des mesures pour aider les personnes à se sentir mieux aux plans physiques ou psychiques.

Certaines personnes qui vivent des conflits tenteront de les résoudre à l’externe faute de procéder à une démarche d’autoréflexion. La résolution externe du problème devient alors un moyen d’éviter les remises en question que pourraient susciter une démarche. Ces malaises non résolus par l’introspection se répercutent dans les rapports interpersonnels qui peuvent avoir des conséquences dans différents milieux dont, notamment, la famille, le voisinage, le travail. Aussi, certains individus, à cause de problèmes de personnalité, ne satisfont pas les conditions essentielles pour résoudre leurs conflits individuellement et les transposent dans d’autres systèmes. La quérulence, un phénomène psychologique diagnostiqué, défini comme le « comportement morbide d’une personne qui, se sentant lésée, multiplie indûment les procédures judiciaires »[2], représente un cas extrême de ce danger.

Le malaise éprouvé peut avoir un impact sur le choix de résoudre ou non un conflit avec une personne donnée et sur le chemin choisi pour y remédier. Il peut être appréhendé par une démarche thérapeutique, mais aussi par l’intervention d’un.e médiateur.rice, d’un.e gestionnaire, d’un.e arbitre ou d’un.e juge. L’atteinte du bien-être n’est pas l’apanage du système de relation d’aide et peut très bien être atteint par d’autres systèmes, que ce soit les systèmes PRD, gestion ou juridique. Par exemple, un sentiment d’injustice peut être diminué ou éradiqué par une intervention dans le système juridique. De même, un désir de ne plus se trouver en présence d’une autre personne peut être résolu par une décision de gestion comme le transfert dans une autre unité.


 


[1] L’expression « mieux-être » a été écartée parce qu’elle vise l’amélioration du bien-être (Antidote 9), ce qui semble trop ambitieux comme finalité. 

[2] Office québécois de la langue française, Grand dictionnaire terminologique, Montréal, OQLF, 2004, sub verbo « Quérulence », en ligne : < https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/fiche-gdt/fiche/8356827/querulence>.