À l’instar des juges qui siègent sur une tribune surélevée dans sa salle d’audience, l’intervention qui conduit à l’imposition d’une solution suppose un.e intervenant.e en position d’autorité qui se situe « au-dessus » des protagonistes en situation de conflits. Plus la ou le tiers détient une autorité reconnue et légitime, plus sa décision détiendra un pouvoir de coercition sur les protagonistes qu’elle vise et même sur d’autres personnes aux prises avec des conflits similaires dans l’avenir.
La décision d’un tiers constitue un processus qui conduit à un choix d’autorité à partir de normes, de principes ou de règles. L’intervention décisionnelle consiste à imposer un jugement qui apporte une solution rendue par une personne en situation d’autorité, comme un cadre, un juge ou un arbitre. L’intervention vise une prise de position à l’égard d’une situation précise suivant un processus préétabli et au regard de normes prédéterminées ou élaborées par diverses formes de raisonnement (déduction, induction, analogie, etc.).
La solution au conflit s’impose à la suite d’un choix délibéré fait après réflexion par une personne en situation d’autorité dont la sanction est exécutoire. Le jugement est porté après la considération des arguments de toutes les personnes au litige et après délibération, c’est-à-dire une période de réflexion introspective afin de peser la valeur respective des prétentions pour prendre une décision. La décision requiert une justification qui s’exprime dans le raisonnement présenté à l’appui de la position retenue par la personne en autorité.
Par exemple, les arbitres rendent des sentences arbitrales. De même, en droit, les juges tranchent un litige dans une décision obligatoire à l’égard d’un cas précis suivant un processus préétabli. Un jugement peut aussi avoir valeur de précédent dans la mesure où il sera appliqué dans les cas analogues. Il peut aussi être sujet à un appel judiciaire.