L’évaluation suppose que l’intervenant « marche en arrière » en observateur.rice externe.
L’évaluation qui conduit à des recommandations fondées sur une expertise professionnelle qui consiste à procéder à l’analyse de l’ensemble d’une situation. L’étude du cas tient compte du contexte, des circonstances, des personnes impliquées, avec leurs forces et leurs vulnérabilités, pour déterminer une ou des issues possibles à la problématique.
Dans l’évaluation, l’intervention nécessite un recul – voire une certaine objectivité - par rapport à la situation analysée. Le cas devient un objet d’étude soumis à un cadre normatif spécifique à l’expertise en jeu. L’évaluation requiert des justifications, des explications, des motifs pour appuyer les conclusions. Dans certains cas, les évaluations reposent sur des données probantes alors que dans d’autres circonstances, l’opinion fondée sur l’expertise professionnelle tient lieu de fondement aux recommandations.
L’évaluation constitue une réflexion préalable à une action. Elle détermine un choix d’orientations pour l’atteinte de résultats souhaités. Elle permet parfois de tracer l’itinéraire à suivre entre le point de localisation de départ et la destination souhaitée.
Les éléments pertinents à chaque analyse diffèrent selon les systèmes où l’évaluation intervient puisqu’ils interpellent des normes spécifiques à chacun d’eux. Par exemple, une évaluation juridique tient compte des droits et des obligations des personnes impliquées. Une évaluation psychologique, en fonction de l’école de pensée adoptée, peut être faite dans une perspective humaniste, psychanalytique, cognitivo-comportementale ou autre. Elle tient compte les éléments reliés au psychisme de l’individu, à sa personnalité, à ses perceptions, à ses affects ou à ses comportements. Une évaluation psychiatrique est une spécialité médicale qui se concentrera plutôt sur les pathologies et les maladies mentales. On y aura recours par exemple pour déterminer si les personnes sont aptes à témoigner lors d’un procès. Une évaluation psychosociale tiendra compte des relations entre les personnes et les systèmes sociaux auxquelles elles appartiennent, le couple, la famille ou la communauté. Dans le domaine de la gestion, l’évaluation porte notamment sur les compétences, les résultats atteints, les objectifs d’amélioration à viser. De même, les évaluations diffèrent selon qu’elles sont qualitatives et/ou quantitatives, ponctuelles ou continues. Par exemple, une expertise technique pour défaut de construction par un.e ingénieur.e constitue une évaluation objective pertinente dans un dossier de vices cachés.
L’évaluation peut conduire à des recommandations ou à des suggestions souvent concrètes, pratiques et réalisables fondées sur les conclusions de l’évaluation dans le but de conduire à une action ou à une abstention d’agir.
L’expert.e et l’évaluateur.rice détiennent une autorité fondée sur leur expertise propre. L’évaluation et l’expertise peuvent éclairer la décision des protagonistes qui conservent alors leur autonomie dans la détermination des moyens de résoudre leur conflit. Toutefois, elles peuvent aussi être utilisées pour assister la décision d’un tiers décideur, comme un.e juge ou un.e arbitre, afin de trancher un litige. Dans ce cas, elles servent la décision d’autorité en ajoutant des éléments déterminants issus de l’analyse de la situation aux autres critères permettant de procéder à l’adjudication.