L’intervention qualifie l’action posée dans le but d’avoir un effet et de changer le cours des événements. L’action vise différents objectifs : régler un problème, cesser un phénomène néfaste, enrayer une situation dangereuse, etc[1]. L’intervention peut provenir de « l’action d’une personne, d’un groupe, d’une collectivité »[2]. Elle se manifeste par la parole ou par l’action[3]. Elle influe « une situation, un débat, une action, un processus », etc[4].
La gradation des interventions de l'autodétermination à l'autorité
L’intervention suppose donc une action ayant un effet quelconque sur quelque chose.
Dans le contexte des MISC, l'intervention est une action accomplie en vertu d'un rôle particulier dans la gestion des différends. Ce rôle peut être d'ACCOMPAGNER, de REPRÉSENTER, d'ÉVALUER ou enfin de DÉCIDER. Ces quatre types d’intervention sont distribués sur un continuum dont les premières formes conservent aux protagonistes l’entièreté de leur autodétermination jusqu’à déléguer, volontairement ou non, à des personnes qui détiennent un pouvoir d’autorité pour imposer, par le biais de leur expertise, des solutions au conflit. En ce sens, chaque type d’intervention contient des proportions décisionnelles différentes selon que ce sont les protagonistes et/ou des tiers qui détiennent le pouvoir de prévenir ou de régler des différends.
Les interventions sont graduées, débutant par l'accompagnement, un type d'intervention qui accorde la place prépondérante aux protagonistes, qui conservent le plein pouvoir de décision et d’autodétermination. La représentation est une intervention dans laquelle l'intervenant.e agit au nom des protagonistes. Ces derniers conservent leur plein pouvoir de décision tout en bénéficiant des conseils avisés d’un.e professionnel.le. L'évaluation fait appel à l'expertise d'un.e intervenant.e pour étudier une situation en fonction d'une spécialité qui lui appartient et qui peut être très variée. Selon que l'évaluation est commandée par les protagonistes eux-mêmes ou par une instance quelconque, les personnes en conflit conservent plus ou moins de pouvoir. Enfin, la décision d'un tiers en position d’autorité intervient à la demande ou non des parties pour régler un problème ou trancher un litige. À ce niveau le pouvoir de décision est entièrement entre les mains d'un tiers.
En somme, les quatre types d’intervention représentent des archétypes répartis sur le continuum qui s’étend de l’autodétermination des protagonistes à l’imposition d’une décision d’un tiers en position d’autorité.
[1] Voir généralement le Dictionnaire Larousse sous « intervention ».
[2] Antidote sous « intervention ».
[3] Antidote sous « intervention »; voir également le Dictionnaire Larousse.
[4] Antidote sous « intervention » à vérifier.