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Nouvel.le intervenant.e

La base théorique du « nouveau juriste » se fonde sur la perspective élaborée par MacFarlane[1] qui avance une thèse valorisant l’apport des habiletés traditionnelles des juristes, mais en les déployant autrement et en y ajoutant de nouvelles compétences fondées sur l’écoute active, l’adhésion aux notions de « sagesse délibérative »[2] et d’« empowerment », la responsabilisation et la participation des client.e.s à la résolution de leurs propres conflits, la négociation intégrative[3], l’imagination et la créativité dans la recherche de solutions viables et réalistes pour tous les protagonistes[4]

Le défi du « nouveau juriste » consiste à accompagner les citoyen.ne.s dans leurs décisions relevant de l’ordre juridique en leur permettant de déterminer eux-mêmes les options qui s’offrent à eux et de choisir une « solution adaptée parmi un ensemble de normativités pluridisciplinaires »[5]. En ce sens, le « nouveau juriste » s’inscrit dans une perspective pluraliste tenant compte des enjeux et des normes non seulement juridiques, mais également relationnels, économiques et politiques. La base théorique du « nouveau juriste » se fonde sur une approche plus nuancée, complexe et stratégique que le recours à la bataille judiciaire basée uniquement sur la reconnaissance de droits définis de façon nécessaire et restreinte. Le « nouveau juriste » émerge de la transformation de la culture juridique qui propose une vision élargie des professions du droit fondée sur des habiletés innovantes appartenant à la justice participative et faisant du procès un recours essentiel, mais ultime.

L’approche théorique du programme de recherche s’inspire de ce modèle du « nouveau juriste »[6] pour l’étendre à tous les intervenant.e.s des MISC en l’adaptant à leurs habiletés et expertises propres.

Afin d’incarner les aspirations du « nouvel.le intervenant.e » au sein du projet, les participant.e.s souhaitent développer des rapports d’équivalence, par opposition à des liens hiérarchiques, avec toutes les personnes impliquées dans un partenariat fondé sur la contribution de chacun.e, sur la co-construction des savoirs et sur des apports mutuels sur les plans théoriques, pratiques et expérientiels. Dans cette lancée, le projet valorise un nouveau rapport professionnel qui met les habiletés du « nouvel.le intervenant.e »[7] au service des citoyen.ne.s dans un rapport d’équivalence et de partenariat[8] pour que ce dernier identifie le MISC le plus adapté à ses besoins. 


[1] Julie MacFarlane, The New Lawyer: How Clients are Transforming the Practice of Law, 2e éd, Vancouver; Toronto, UBC Press, 2017.

[2] Anthony T Kronman, The Lost Lawyer: Failing Ideals of the Legal Profession, Cambridge, Mass, Harvard University Press, 1995.

[3] Roger Fisher et William Ury, Getting to Yes: Negotiating Agreement Without Giving In, New York, Penguin books, 1981; Roger Fisher « “Quick-Fix” Solutions are not the Answer » (1992) 8:1 Negotiation Journal 15, DOI : <10.1111/j.1571-9979.1992.tb00641.x>; William Ury, The Power of a Positive No: How to Say No and Still Get to Yes, New York, Bantam, 2007.

[4] Hélène de Kovachich, Guide pratique de la médiation, Scarborough (ON), Carswell, 1997; Jean H Gagnon, Mieux négocier : le guide complet à l’intention des professionnels, des dirigeants et des gestionnaires, Cowansville (QC), Yvon Blais, 2005; Nabil Antaki, Le règlement amiable des litiges, Cowansville (QC), Yvon Blais, 1998; Robert A Bush et Joseph P Folger, « A Response to Gaynier’s "Transformative Mediation: In Search of a Theory Practice" » (2005) 23:1 Conflict Resolution Quarterly 123, DOI : <10.1002/crq.128>.

[5] Jean-François Roberge, La justice participative : Changer le milieu juridique par une culture intégrative de règlement des différends, Cowansville, Yvon Blais, 2011; Louise Lalonde « La médiation, une approche « internormative » des différends ? : Analyse comparative des approches de G. A. Legault et de R. A. MacDonald » (2002) 33:1-2 Revue de droit de l’Université de Sherbrooke 97, DOI : <10.17118/11143/12299>.

[6] Julie MacFarlane, The New Lawyer: How Clients are Transforming the Practice of Law, 2e éd,Vancouver; Toronto, UBC Press, 2017.

[7] Jean Poitras, Arnaud Stimec et Jean-François Roberge, « The Negative Impact of Attorneys on Mediation Outcomes: A Myth or a Reality? » (2010) 26:1 Negotiation Journal 9, DOI : <10.1111/j.1571-9979.2009.00251.x>; Carrie Menkel-Meadow, « Lawyer’s Role in Deliberative Democracy » (2004-2005) 5:2 Nevada Law Journal 347; Carrie Menkel-Meadow, « The Lawyer as Consensus Builder: Ethics for a New Practice » (2002) 70:1 Tennessee Law Review 63, Carrie Menkel-Meadow, « When Litigation is Not the Only Way: Consensus Building and Mediation as Public Interest Lawyering » (2002) 10 Washington University Journal of Law & Policy 37; Jovette Létourneau et André Ladouceur, «Le rôle de l'avocat en médiation», dans Service de la formation permanente du Barreau du Québec, dir, Développements récents en médiation (2001), vol 162, Cowansville (QC), Yvon Blais, 2001, 33; Serge Roy, Avi Schneebalg et Eric Galton, La médiation : préparer, reprsenter, participer, Cowansville (QC) Yvon Blais, 2005; François Crête, «Le notaire et la médiation familiale» dans Lisette Laurent-Boyer, La médiation familiale: collectif multidisciplinaire, Cowansville (QC),Yvon Blais, 1998, 145; Yvon Rose, « Le rôle du notaire dans la médiation familiale : perspectives françaises» dans Nicholas Kasirer et Pierre Noreau, dir, Sources et instruments de justice en droit privé, Montréal, Thémis, 2002, 123.

[8] Jean-Louis Denis et Pascale Lehoux, « Collaborative Research: Renewing Action and Governing Science », dans David A Buchanan et Alan Bryman, The Sage Handbook of Organizational Research Methods, Los Angeles, Sage, 2009, 363; Julie MacFarlane, « Mediating Ethically: The Limits of Codes of Conduct and the Potential of a Reflective Practice Model » (2002) 40:1 Osgoode Hall Law Journal 49, DOI : <10.60082/2817-5069.1450>.