Dans le système juridique, les droits et les obligations prédominent. Le discours juridique, réservé à des expert.e.s, avocat.e.s ou notaires, formé.e.s au droit à cause de règles du jeu techniques et spécialisées, traduit le consensus social légitime. Il entraine la coercition avec, comme pendant, l’acceptation d’une privation de liberté individuelle afin de garantir l’ordre social. Le droit trace ainsi le cadre de la vie en société qui impose une contrainte autant de protection que de privation de liberté. Le système juridique, à cause de cet effet contraignant, constitue la limite ultime de la résolution de conflit. Il constitue le dernier rempart du règlement des différends pour éviter l’anarchie, la révolution et la guerre.
Le respect et l’application de la norme juridique constituent une des pierres angulaires du système social. Le discours du droit détermine l’ordre social par l’adoption de règles parfois contraignantes et parfois facilitantes. La norme du système juridique est contraignante puisqu’elle permet la coercition et qu’elle entraîne l’exécution obligatoire de décisions.
La résolution des conflits par le droit s’exprime généralement par la détermination de règles en apparence rationnelles et objectives adoptées par un régime légitime. Le conflit se trouve réduit à sa normativité juridique par une qualification qui inclut et qui exclut ses éléments constitutifs en fonction de leur pertinence en droit. Le litige désigne ce conflit ainsi réduit par le droit. Le discours juridique constitue souvent une référence pour la résolution des conflits privés en déterminant un étalon de mesure objectif extérieur aux préférences des individus. Dans ce contexte, la subjectivité de l’être humain est souvent mise de côté ou elle n’intervient que dans la mesure où elle permet de résoudre le litige en droit. En abandonnant la résolution d’un litige au système juridique, les protagonistes s’en remettent à la décision d’une tierce personne et perdent ainsi du contrôle sur l’issu de ce conflit.